Le monde de Crimson Skies

CS_photo2Les premiers signes de changement sont apparus avec l’épidémie de grippe qui s’est déclarée après la Grande Guerre. L’isolationnisme devint très populaire, car les victimes de la grippe rapportée d’Europe par les soldats démobilisés furent nombreuses. La volonté du Président Woodrow Wilson de constituer une Société des Nations irrita les citoyens américains et permit à Warren G. Harding de développer avec succès le thème de sa campagne : « Une nouvelle indépendance face à l’Europe ». Harding appela à un plus grand isolement et son parti, le parti régionaliste, adopta cette position comme slogan de formation politique. Lorsque les Régionalistes remportèrent les élections de 1920, ils se servirent de leurs nouveaux appuis pour mettre en place la Prohibition. Mais, à la mort du Président Harding en 1923, son successeur, Calvin Coolidge, refusa de poursuivre la politique de Prohibition et la loi fédérale s’éternisa sur les bureaux des différentes commissions du Congrès.

Pendant ce temps, la Prohibition se transforma en bataille rangée entre des régions de l’Amérique très différentes sur le plan idéologique. Les autorités tentèrent de freiner la circulation d’alcool en instaurant des postes de contrôle aux frontières des États. De nombreux États se servirent de ces postes de contrôle pour lever des impôts officieux (et parfaitement illégaux). En 1927, une nouvelle vague de grippe très meurtrière ravagea le pays. Les États fermèrent leurs frontières et transformèrent les postes de contrôle en sites de quarantaine. Les contrebandiers et les bandits choisirent l’avion pour contourner les restrictions qui frappaient les transports terrestres. L’élection de 1928 pâtit d’une faible participation électorale, la plupart des gens évitant les grands rassemblements de crainte d’attraper la grippe. Les Régionalistes lancèrent un nouveau thème de campagne : « Un État fort » et réussirent à amoindrir considérablement l’autorité du gouvernement fédéral.

L’effondrement de la Bourse, en octobre 1929, marqua le coup de grâce pour les États-Unis. Le régionalisme avait décimé l’économie nationale et la demande d’aide financière émise par Washington auprès des gouvernements des États fut unanimement rejetée. Le 1er janvier 1930, le Texas fit sécession, suivi rapidement de la Californie, des deux États de Caroline, de l’Utah et de l’État de New York. Incapable de mettre en place la campagne politique et militaire nécessaire au maintien de l’Union, Washington n’avait plus aucun recours. Avec l’effondrement du gouvernement fédéral, la grande majorité des militaires du pays désertèrent ou firent acte d’allégeance auprès de leur État d’origine. Les autres se firent mercenaires ou bandits, vendant leurs services au plus offrant.

CS_photo3L’aviation, qui fascinait tant l’Amérique du Nord, devint alors une nécessité lorsque le commerce terrestre entre les nouvelles nations indépendantes s’interrompit. Les guerres détruisirent le réseau ferroviaire intercontinental et les autoroutes disparurent peu à peu, principalement à cause du manque d’entretien ou des sabotages. L’automobile, jadis appelée à devenir le moyen de transport national, céda la place aux gyrotaxis, aérobus et autres grands zeppelins cargo qui envahissaient le ciel. Les « pirates de l’air » défrayèrent la chronique pendant cette période de troubles. Petites bandes désorganisées d’hommes en mal de sensations fortes et de publicité, ces pirates commencèrent à multiplier les actes criminels et à faire des émules.

La première menace pirate sérieuse apparut en 1931. Jonathan “Genghis” Kahn, un ancien homme d’affaire de Chicago, créa la terrible Légion des Crânes Rouges. Les Crânes s’installèrent en Utah (en tant que milice de la Coopérative du Peuple) où ils dérobèrent un zeppelin militaire. De petites escarmouches frontalières entre les nouveaux États-nations se poursuivirent jusqu’en 1935. Dans ce contexte chaotique, les trafiquants et les pirates se multiplièrent. Une multitude de nouvelles milices, farouchement déterminées à défendre leur État, se mirent à combattre ces bandits flamboyants et haut en couleurs. Le Gang de Redmann, la Légion des Crânes Rouges, les Cygnes Noirs et autres groupes de pirates écumèrent le pays. Les États-nations continuèrent à financer leurs compagnies aériennes mais ils commencèrent également à offrir des Lettres de marque aux pirates, leur permettant ainsi de s’en prendre en toute légalité aux ennemis du pays.

CS_postcardAujourd’hui, on a coutume de dire que l’Amérique du Nord est un continent en guerre avec lui-même. Les milices rivales s’affrontent pour défendre leurs propres intérêts nationaux. Les pirates et les corsaires affrontent les milices pour prendre le contrôle du ciel et sortent souvent vainqueurs des combats. Les lignes aériennes forment les nouvelles frontières d’un espace où un seul individu avec du cran et du talent est capable de faire toute la différence. Les pilotes d’aujourd’hui sont des hommes et des femmes qu’il faudra applaudir, craindre et surtout respecter tant qu’ils parviendront à avancer et à garder la mainmise sur l’espace conquis. Nous leur avons donné ce pouvoir. Le ciel est la seule limite… mais une chute de 1500 m en pleine gloire est une fin bien brutale.

(Note : ce texte est issu du manuel du jeu vidéo Crimson Skies sorti sur PC en 2000.)

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